Vous négociez ou venez de signer une rupture conventionnelle ? Depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d’indemnisation chômage qui l’accompagne a été raccourcie, parfois de plusieurs mois. Le recul est particulièrement marqué pour les salariés de 57 ans et plus, dont le plafond passe de 27 à 20,5 mois. Ce changement découle de la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026, qui transpose un avenant à l’accord national interprofessionnel sur l’assurance chômage signé en février 2026. Voici ce qui change concrètement, qui est concerné, et comment sécuriser son budget si vous envisagez ce type de départ.
Les nouvelles durées maximales d’indemnisation
La réforme ne touche pas toutes les fins de contrat : elle vise spécifiquement les ruptures conventionnelles conclues à compter du 1er septembre 2026. Les durées maximales de versement de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) sont revues à la baisse en France métropolitaine, avec un impact croissant selon l’âge du salarié au moment de la rupture.
| Âge à la rupture | Durée maximale avant la réforme | Durée maximale depuis le 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 15 mois |
| 55-56 ans | 22,5 mois | 20,5 mois |
| 57 ans et plus | 27 mois | 20,5 mois |
Dans les départements et régions d’outre-mer (hors Mayotte), les plafonds évoluent aussi : 20 mois pour les moins de 55 ans (contre 24 auparavant), 30 mois pour les 55-56 ans (inchangé) et 30 mois pour les 57 ans et plus (contre 36 auparavant). Dans tous les cas, ces chiffres correspondent à des durées maximales : la durée réellement versée dépend, comme avant, de la durée d’affiliation du salarié au cours des mois précédant la fin de son contrat. Pour un chiffrage précis de votre situation, mieux vaut simuler vos droits sur le site de France Travail plutôt que de se fier à un barème général.
Pourquoi ce changement maintenant
Ce texte transpose un avenant au protocole d’accord de 2023 relatif à l’assurance chômage, négocié entre partenaires sociaux et signé en février 2026, avant d’être entériné par la loi n° 2026-470 du 11 juin 2026. L’objectif affiché est de rapprocher le régime des ruptures conventionnelles de celui des autres fins de contrat, dans un contexte où l’Unédic cherche à maîtriser ses dépenses. Le sujet reste sensible : la rupture conventionnelle est devenue, ces dernières années, l’un des modes de rupture du contrat de travail les plus utilisés en France, notamment en fin de carrière.
Qui est concerné, et qui ne l’est pas
Point important pour ne pas se tromper de lecture : ces nouvelles durées s’appliquent uniquement aux ruptures conventionnelles individuelles conclues à partir du 1er septembre 2026. Une rupture conventionnelle signée avant cette date, mais dont la fin de contrat intervient après, reste régie par les anciennes règles, sous réserve des dates d’homologation retenues par France Travail. Les licenciements, y compris économiques, ne sont pas visés par ce texte : leurs règles d’indemnisation restent celles de la convention d’assurance chômage en vigueur.
Une possibilité de prolongation après 55 ans
Pour les allocataires de 55 ans et plus, dont la durée d’indemnisation est la plus fortement réduite, une prolongation reste envisageable : elle peut être accordée par France Travail après examen des efforts de recherche d’emploi engagés par le demandeur. Ce n’est pas un droit automatique, mais une option à activer en fin de droits si la reprise d’emploi n’a pas abouti.
Le « pont retraite » pour les générations 1964-1968
En parallèle, et en lien avec la suspension de la réforme des retraites, les allocataires nés entre 1964 et 1968 peuvent désormais accéder au dispositif de maintien des droits jusqu’à la retraite à taux plein un trimestre plus tôt que ce qui était initialement prévu. Ce mécanisme permet, sous conditions, de continuer à percevoir une allocation jusqu’à l’âge de la retraite à taux plein plutôt que de basculer vers le RSA ou d’autres minima sociaux en fin de droits. D’autres ajustements techniques accompagnent la réforme, comme l’intégration des périodes d’activité partielle de longue durée « Rebond » dans le calcul du salaire journalier de référence.
Comment amortir le choc si vous êtes concerné
Une durée d’indemnisation plus courte, surtout en fin de carrière, réduit la marge de manœuvre en cas de retour à l’emploi plus long que prévu. Avant de signer une rupture conventionnelle, il est utile de chiffrer précisément sa situation : durée d’indemnisation attendue, montant de l’allocation, et impact sur les trimestres de retraite. Se constituer ou renforcer une épargne de précaution disponible reste la parade la plus simple pour traverser une période de chômage plus longue que la durée indemnisée, en particulier lorsque l’échéance de la retraite à taux plein approche.
Si vous approchez de l’âge de la retraite, le simulateur de retraite permet d’estimer à quel trimestre vous atteignez le taux plein, et donc de mieux évaluer l’intérêt du dispositif de maintien des droits pour les générations 1964-1968.
Questions fréquentes
Toutes les ruptures conventionnelles sont-elles concernées par ces nouvelles durées ?
Non. Seules les ruptures conventionnelles individuelles conclues à compter du 1er septembre 2026 sont soumises aux nouvelles durées maximales. Une rupture conventionnelle antérieure reste régie par les règles qui s’appliquaient au moment de sa conclusion et de son homologation.
Un licenciement économique est-il touché par cette réforme ?
Non, ce texte vise spécifiquement les ruptures conventionnelles. Les règles d’indemnisation applicables en cas de licenciement, y compris économique, restent celles définies par la convention d’assurance chômage en vigueur, indépendamment de cette réforme.
Que faire si j’ai 55 ans ou plus et que ma durée d’indemnisation est réduite ?
Une prolongation peut être demandée à France Travail après examen des efforts de recherche d’emploi engagés par l’allocataire. Ce n’est pas automatique : il est recommandé de se rapprocher de son conseiller avant la fin des droits pour connaître les conditions précises applicables à sa situation.