La Banque de France publiera dans les derniers jours de septembre les taux d’usure applicables du 1er octobre au 31 décembre 2026. Ce rendez-vous trimestriel fixe le plafond légal au-delà duquel une banque n’a pas le droit de prêter. Il tombe cette fois quelques jours après la hausse des taux directeurs décidée par la Banque centrale européenne le 10 septembre. Emprunteurs immobiliers, candidats au crédit à la consommation : voici ce que l’on sait déjà, ce qui reste à confirmer, et comment préparer son dossier.
Taux d’usure : les plafonds en vigueur jusqu’au 30 septembre 2026
Les seuils actuels ont été publiés par la Banque de France le 29 juin 2026 et s’appliquent depuis le 1er juillet. Ils avaient légèrement progressé par rapport au trimestre précédent pour l’ensemble des prêts immobiliers, tandis que les plafonds du crédit à la consommation restaient quasiment stables.
| Type de crédit | Taux d’usure au 1er juillet 2026 | Taux d’usure au 1er avril 2026 |
|---|---|---|
| Prêt immobilier à taux fixe, moins de 10 ans | 4,07 % | 4,00 % |
| Prêt immobilier à taux fixe, 10 à moins de 20 ans | 4,57 % | 4,48 % |
| Prêt immobilier à taux fixe, 20 ans et plus | 5,29 % | 5,19 % |
| Prêt immobilier à taux variable | 5,28 % | 5,00 % |
| Prêt relais | 6,39 % | 6,20 % |
| Crédit conso jusqu’à 3 000 € | 23,53 % | 23,52 % |
| Crédit conso de 3 000 à 6 000 € | 15,67 % | 15,73 % |
| Crédit conso au-delà de 6 000 € | 8,56 % | 8,61 % |
Source : Banque de France, taux d’usure du 3e trimestre 2026.
Ces chiffres ne sont pas les taux auxquels les banques prêtent. Ils constituent la limite haute du taux annuel effectif global (TAEG) qu’un établissement peut appliquer. Pour connaître les conditions réellement proposées à la rentrée, consultez notre point sur les taux de crédit immobilier en septembre 2026.
Comment la Banque de France calcule le taux d’usure
La règle est fixée par le Code de la consommation. Chaque trimestre, la Banque de France relève les TAEG moyens effectivement pratiqués par les banques au cours du trimestre écoulé, catégorie par catégorie. Elle majore cette moyenne d’un tiers, et le résultat devient le plafond du trimestre suivant. Les seuils sont ensuite publiés au Journal officiel et sur le site de la Banque de France, en général dans les tout derniers jours du trimestre.
Ce mode de calcul a deux conséquences pratiques. D’abord, le taux d’usure suit le marché avec un trimestre de retard : il photographie les crédits accordés entre juillet et septembre pour fixer la limite d’octobre à décembre. Ensuite, il porte sur le TAEG et non sur le seul taux nominal. Le TAEG intègre l’assurance emprunteur, les frais de dossier, le coût de la garantie et, le cas échéant, les frais de courtage. Un dossier peut donc buter sur le plafond alors même que le taux d’intérêt négocié paraît raisonnable. Le dispositif avait montré ses limites en 2022 et 2023, lorsque la remontée rapide des taux avait bloqué de nombreux dossiers, au point que la Banque de France avait temporairement mensualisé la révision.
Hausse des taux BCE du 10 septembre : quel effet sur les plafonds d’octobre ?
Le Conseil des gouverneurs de la BCE a relevé le 10 septembre ses trois taux directeurs de 25 points de base. Le taux de la facilité de dépôt passe à 2,50 %, celui des opérations principales de refinancement à 2,65 % et celui de la facilité de prêt marginal à 2,90 %, à compter du 16 septembre 2026. C’est la deuxième hausse de l’année, après celle de juin. La banque centrale justifie sa décision par une inflation qui « devrait rester largement supérieure à l’objectif pendant une période prolongée » sous l’effet du choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient. Ses services tablent sur une inflation moyenne de 3,0 % en 2026 et 2,5 % en 2027 dans la zone euro, pour une croissance limitée à 0,9 % cette année. Nous avons détaillé la décision de la BCE et ses suites possibles.
Pour le taux d’usure, le calendrier compte autant que la décision elle-même. Les plafonds du 4e trimestre seront calculés sur les crédits distribués de juillet à septembre. La hausse de juin y est donc déjà en partie intégrée, mais celle du 10 septembre ne pèsera vraiment que sur les barèmes bancaires de l’automne, donc sur le taux d’usure du 1er trimestre 2027, publié fin décembre.
Trois scénarios pour le 1er octobre
Aucun chiffre ne peut être avancé avant la publication officielle. On peut en revanche raisonner par scénarios. Si les TAEG moyens du 3e trimestre ont légèrement progressé, comme le laisse penser la tension sur les emprunts d’État, au plus haut depuis plus de quinze ans fin août, les plafonds immobiliers monteraient de quelques centièmes de point, dans la continuité de juillet. Si les banques ont au contraire contenu leurs barèmes face à une demande hésitante, les seuils resteraient proches des niveaux actuels. Une baisse paraît le scénario le moins probable. Dans tous les cas, l’écart entre taux pratiqués et plafond reste suffisant pour que le taux d’usure ne soit pas, à lui seul, un motif de refus pour la plupart des dossiers.
Ce que cela change pour votre dossier de crédit
Pour un emprunteur immobilier, le point de vigilance n’est pas le plafond lui-même mais le poids des frais annexes dans le TAEG. Trois leviers permettent de repasser sous le seuil quand un dossier est limite : la délégation d’assurance emprunteur, possible à tout moment depuis la loi Lemoine, qui réduit souvent sensiblement le TAEG ; l’apport, qui diminue le montant financé et le poids relatif des frais fixes ; la durée, puisque passer de 20 ans à 19 ans change la catégorie de plafond, dans un sens comme dans l’autre.
Les primo-accédants disposent d’un outil supplémentaire. Le prêt à taux zéro abaisse le coût global du financement et facilite le respect du plafond sur le prêt principal. Avant de constituer un dossier, vérifiez votre éligibilité avec notre simulateur PTZ 2026, puis comparez plusieurs offres, banque et courtier compris.
Côté crédit à la consommation, les plafonds sont nettement plus élevés et rarement contraignants pour les prêts personnels classiques. Ils encadrent surtout les petits montants et le crédit renouvelable. La hausse des taux directeurs renchérit le refinancement des établissements spécialisés, ce qui pourrait se répercuter progressivement sur les barèmes d’ici la fin de l’année : une tendance, pas une certitude.
Le calendrier à retenir
Le 16 septembre, les nouveaux taux directeurs de la BCE entrent en application. Fin septembre, la Banque de France publie les taux d’usure du 4e trimestre, valables du 1er octobre au 31 décembre 2026. Fin octobre, le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunit de nouveau, sans engagement préalable sur une trajectoire de taux. Fin décembre, la Banque de France fixera les plafonds du 1er trimestre 2027, les premiers à refléter pleinement la hausse de septembre. Pour tester votre capacité d’emprunt d’ici là, retrouvez nos outils de simulation financière.
Questions fréquentes
Quand seront publiés les taux d’usure du 4e trimestre 2026 ?
La Banque de France publie les nouveaux seuils dans les derniers jours de chaque trimestre, après parution au Journal officiel. Les taux d’usure du 4e trimestre 2026 devraient donc être connus fin septembre et s’appliqueront à tous les crédits accordés entre le 1er octobre et le 31 décembre 2026.
Le taux d’usure correspond-il au taux de mon crédit ?
Non. Le taux d’usure est un plafond légal que le TAEG de votre prêt ne doit pas dépasser. Le TAEG additionne le taux d’intérêt nominal, l’assurance emprunteur, les frais de dossier, le coût de la garantie et les éventuels frais de courtage. Les taux réellement proposés par les banques se situent en général nettement en dessous de ce plafond.
Que faire si mon dossier dépasse le taux d’usure ?
Plusieurs leviers permettent de réduire le TAEG : choisir une assurance emprunteur en délégation, augmenter l’apport personnel, ajuster la durée du prêt pour changer de catégorie de plafond, ou mobiliser un prêt aidé comme le prêt à taux zéro pour une première acquisition. Comparer plusieurs établissements, éventuellement via un courtier, reste la démarche la plus efficace.