C’est une échéance attendue par des centaines de milliers de futures retraitées. Deux décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026 traduisent enfin les engagements pris à l’issue des négociations sur les retraites : à compter du 1er septembre 2026, le calcul de la pension des mères de famille devient plus favorable et l’accès au départ anticipé pour carrière longue s’élargit. Des mesures ciblées, qui visent à corriger un écart de pension entre femmes et hommes toujours marqué, et dont l’effet dépendra fortement du profil de carrière de chacune.
Deux décrets publiés le 31 juillet, effectifs au 1er septembre 2026
Les deux textes réglementaires — dont le décret n° 2026-699 relatif au calcul du salaire annuel moyen — ont été publiés au Journal officiel le vendredi 31 juillet 2026. Ils s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Concrètement, les assurées qui liquident leur retraite à partir de cette date bénéficieront automatiquement des nouvelles règles, sans démarche particulière : les caisses de retraite intégreront ces paramètres au moment du calcul des droits.
Les retraitées dont la pension a déjà pris effet avant le 1er septembre 2026 ne sont en revanche pas concernées : les décrets ne prévoient pas d’application rétroactive aux pensions déjà liquidées.
Un calcul de pension sur les 23 ou 24 meilleures années
C’est la mesure la plus structurante. Dans les régimes dits « alignés » — salariés du privé, indépendants, salariés agricoles — la pension de base est calculée à partir du salaire annuel moyen des 25 meilleures années de carrière. Pour les assurées comptant au moins un trimestre de majoration pour enfant (maternité, adoption ou éducation), ce nombre d’années est désormais réduit :
| Situation | Avant le 1er septembre 2026 | À partir du 1er septembre 2026 |
|---|---|---|
| Mère d’un enfant | 25 meilleures années | 24 meilleures années |
| Mère de deux enfants ou plus | 25 meilleures années | 23 meilleures années |
| Carrière longue : trimestres de majoration pour enfant | Non retenus comme cotisés | Jusqu’à 2 trimestres réputés cotisés |
Pourquoi ce nouveau mode de calcul change la donne
En retirant une ou deux années de la base de calcul, le dispositif écarte mécaniquement les années les moins bien rémunérées — souvent celles qui coïncident avec un congé maternité, un passage à temps partiel ou une interruption d’activité liée à l’éducation des enfants. Le salaire annuel moyen retenu s’en trouve rehaussé, et avec lui le montant de la pension de base. L’ampleur du gain reste toutefois propre à chaque parcours : une carrière complète et linéaire en tirera peu d’avantage, quand une carrière hachée pourra en bénéficier davantage. Pour situer votre cas, notre simulateur retraite permet d’estimer votre future pension selon votre profil.
Carrière longue : des trimestres enfant enfin « réputés cotisés »
Deuxième avancée : l’accès au départ anticipé pour carrière longue. Jusqu’ici, les trimestres acquis au titre de la majoration pour maternité, adoption ou éducation — jusqu’à huit par enfant au régime général — n’étaient pas comptabilisés comme des trimestres cotisés pour vérifier l’éligibilité à ce dispositif. Une exclusion pénalisante pour les femmes ayant commencé à travailler tôt, puis interrompu leur activité pour élever leurs enfants.
À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux de ces trimestres de majoration entrent dans la catégorie des trimestres « réputés cotisés ». Selon les situations, cela peut permettre d’avancer la date de départ de plusieurs trimestres, voire d’ouvrir un droit au départ anticipé jusque-là inaccessible.
Fonctionnaires : la majoration pour enfant mieux valorisée
Le dispositif n’oublie pas la fonction publique. Les fonctionnaires mères de famille bénéficient d’une majoration de deux trimestres par enfant né depuis 2004. À partir du 1er septembre 2026, l’un de ces deux trimestres sera pris en compte dans le calcul de la pension, et non plus seulement dans la durée d’assurance. Une harmonisation progressive avec les règles du secteur privé, qui devrait améliorer le montant servi aux agentes concernées.
Quel gain attendre ? Un impact variable selon les carrières
Le gouvernement présente ces mesures comme un instrument de réduction des inégalités de pension entre femmes et hommes. Leur portée réelle dépendra du profil de chaque assurée : nombre d’enfants, régularité des revenus, années de temps partiel, âge de début d’activité. Aucun montant uniforme ne peut être avancé — et il serait imprudent de promettre un gain chiffré sans étude personnalisée. Les caisses appliqueront les nouvelles règles automatiquement, mais anticiper reste utile : vérifier son relevé de carrière, corriger les trimestres manquants et, le cas échéant, compléter sa future pension par une épargne dédiée. Notre comparateur d’épargne aide à identifier les supports adaptés à un horizon retraite.
Questions fréquentes
Qui bénéficie du calcul sur les 23 ou 24 meilleures années ?
Les assurées des régimes alignés (salariés du privé, indépendants, salariés agricoles) comptant au moins un trimestre de majoration pour enfant (maternité, adoption ou éducation), dont la pension prend effet à compter du 1er septembre 2026. Le salaire annuel moyen est calculé sur les 24 meilleures années pour un enfant, et sur les 23 meilleures années à partir de deux enfants.
Les retraitées actuelles sont-elles concernées ?
Non. Les décrets du 31 juillet 2026 s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Les pensions déjà liquidées avant cette date ne seront pas recalculées.
Que change la mesure pour les carrières longues ?
Jusqu’à deux trimestres de majoration pour maternité, adoption ou éducation sont désormais « réputés cotisés » pour l’accès au départ anticipé carrière longue. Selon les cas, cela peut avancer la date de départ ou ouvrir un droit au départ anticipé qui n’existait pas auparavant.