L’Insee a confirmé le 14 août ce que les ménages pressentaient depuis plusieurs semaines : l’inflation est repartie de l’avant en juillet 2026. Les prix à la consommation ont progressé de 2,1 % sur un an, après +1,8 % en juin. Une accélération portée par l’énergie et les services, qui repose une question sensible à quelques semaines de la rentrée : avec un Livret A relevé à 1,7 % depuis le 1er août, l’épargne réglementée des Français protège-t-elle encore leur pouvoir d’achat ?
Ce que disent les chiffres de l’Insee
Dans son estimation définitive publiée le 14 août, l’Insee mesure une hausse de l’indice des prix à la consommation (IPC) de 2,1 % entre juillet 2025 et juillet 2026. Le mouvement est net par rapport à juin (+1,8 %) et s’explique d’abord par l’énergie, dont les prix bondissent de 12,6 % sur un an (après +11,0 %). Les services, poste le plus lourd du panier des ménages, accélèrent également à +2,2 % (après +1,9 %), tandis que l’alimentation progresse modérément (+1,0 %) et que le tabac reste sur un rythme de +3,3 %.
Seule détente notable : les produits manufacturés, toujours en repli (−0,7 % sur un an), même si la baisse s’atténue par rapport à juin (−1,1 %). L’inflation sous-jacente — hors éléments les plus volatils — remonte de son côté à +1,3 %, après +1,0 %. Enfin, l’indice des prix harmonisé (IPCH), celui que surveille la Banque centrale européenne, atteint +2,4 % sur un an, au-dessus de la cible de 2 % de l’institution.
Une trajectoire en dents de scie depuis le printemps
La séquence récente illustre la volatilité du moment : +2,4 % en mai, +1,8 % en juin, +2,1 % en juillet. Ces à-coups tiennent pour l’essentiel aux prix de l’énergie, dont les variations mensuelles et les effets de base amplifient les mouvements de l’indice global. La tendance de fond, mesurée par l’inflation sous-jacente, reste plus modérée mais s’est également raffermie au cœur de l’été.
Livret A à 1,7 % : le rendement réel repasse dans le rouge
Le calendrier fait mal aux épargnants. Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A et du LDDS a été porté à 1,7 % (contre 1,5 % entre février et juillet), en application stricte de la formule réglementaire. Le Livret d’épargne populaire (LEP) a, lui, été maintenu à 2,5 %, alors que la formule aurait conduit à 2,2 % : un coup de pouce assumé en faveur des ménages modestes.
Rapportés à une inflation de 2,1 %, ces taux — nets d’impôt et de prélèvements sociaux — laissent apparaître un écart défavorable pour les livrets classiques :
| Placement | Taux au 1er août 2026 | Écart face à l’inflation de juillet (2,1 %) |
|---|---|---|
| Livret A | 1,70 % | −0,4 point |
| LDDS | 1,70 % | −0,4 point |
| LEP | 2,50 % | +0,4 point |
Cette lecture appelle une nuance : l’inflation mesure les douze mois écoulés, quand le taux d’un livret rémunère l’épargne à venir. L’écart réel constaté dans un an dépendra donc de l’évolution des prix d’ici là. Il n’en reste pas moins qu’au niveau actuel des prix, un Livret A plein ne préserve pas totalement le pouvoir d’achat de son détenteur. Pour mesurer ce que rapporteront concrètement vos versements aux conditions en vigueur, notre simulateur de Livret A fait le calcul en quelques secondes.
Pourquoi les prix remontent, et jusqu’où ?
La remontée de juillet tient d’abord à des facteurs identifiés : renchérissement de l’énergie sur un an et dynamique saisonnière des services (transports, hébergement, restauration) en période estivale. Rien n’indique, à ce stade, un emballement général des prix : l’alimentation reste sage et les produits manufacturés continuent de reculer.
La suite relève du scénario, pas de la certitude. Un IPCH à 2,4 %, au-dessus de la cible, sera un élément du débat lors de la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE, en septembre. Côté épargne réglementée, la prochaine révision des taux des livrets est programmée au 1er février 2027 : elle dépendra notamment de l’inflation du second semestre 2026, selon la formule appliquée par la Banque de France. Aucun chiffre n’est acquis à ce jour, et les projections qui circulent doivent être lues comme des hypothèses de travail.
Les bons réflexes pour votre épargne à la rentrée
Premier réflexe : vérifier votre éligibilité au LEP, seul livret réglementé dont le taux dépasse aujourd’hui l’inflation. Accessible sous conditions de revenus, il est plafonné à 10 000 euros de versements — un plafond que des millions de foyers éligibles n’exploitent pas.
Deuxième réflexe : ne pas laisser dormir sur un livret classique une épargne de long terme. Au-delà du matelas de précaution, d’autres enveloppes peuvent mieux résister à l’érosion monétaire selon votre horizon et votre tolérance au risque — une question de profil plus que de produit miracle, que notre quiz profil épargnant aide à clarifier avant toute décision.
FAQ – Inflation de juillet 2026 et épargne
L’inflation de juillet 2026 dépasse-t-elle la cible de la BCE ?
Oui, en indice harmonisé : l’IPCH français atteint +2,4 % sur un an en juillet 2026, au-dessus de la cible de 2 % de la Banque centrale européenne. L’indice national (IPC), lui, ressort à +2,1 %.
Le Livret A à 1,7 % protège-t-il de l’inflation ?
Pas au niveau actuel des prix : avec un taux de 1,7 % face à une inflation de 2,1 % sur un an, l’écart ressort à −0,4 point. Seul le LEP, à 2,5 %, conserve un rendement supérieur à l’inflation de juillet. L’écart réel futur dépendra toutefois de l’évolution des prix dans les prochains mois.
Quand le taux du Livret A sera-t-il revu ?
La prochaine révision semestrielle des taux de l’épargne réglementée est prévue le 1er février 2027. Elle s’appuiera sur la formule de la Banque de France, qui intègre l’inflation et les taux interbancaires du semestre écoulé, la décision finale revenant au ministre de l’Économie. Aucun taux n’est connu à l’avance.