La succession est souvent source d’inquiétude fiscale pour les familles. Pourtant, les abattements prévus par la loi permettent dans de nombreux cas de transmettre un patrimoine important sans — ou avec très peu de — droits à payer. Voici le guide complet des abattements successoraux 2026, avec tableaux de barèmes et stratégies pour optimiser la transmission.
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Calculer les droits →Tableau complet des abattements successoraux 2026
| Lien de parenté avec le défunt | Abattement 2026 | Barème applicable après abattement |
|---|---|---|
| Conjoint marié ou partenaire pacsé | Exonération totale | Aucun droit — exonération complète |
| Enfant (en ligne directe) | 100 000 € par parent | 5% à 45% (barème progressif) |
| Petit-enfant (représentation) | 100 000 € (si représentation) | 5% à 45% |
| Petit-enfant (legs direct) | 31 865 € | 5% à 45% |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35% jusqu’à 24 430 €, puis 45% |
| Neveu ou nièce | 7 967 € | 55% |
| Autres héritiers (oncles, cousins…) | 1 594 € | 60% |
| Héritier handicapé (tout lien) | 159 325 € (cumulable) | Selon lien de parenté |
Source : Articles 779 à 796 du Code Général des Impôts. Ces montants sont indexés sur l’inflation par décret.
Le barème des droits de succession en ligne directe
Une fois l’abattement déduit, la part nette taxable est soumise à un barème progressif. Pour les successions en ligne directe (parents-enfants, grands-parents-petits-enfants) :
| Fraction de la part nette taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5% |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10% |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15% |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20% |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30% |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40% |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45% |
Exemple concret : Un défunt laisse un patrimoine de 300 000 € à son fils unique. Après abattement de 100 000 €, la part taxable est de 200 000 €. Les droits se calculent ainsi : 5% sur 8 072 € + 10% sur 4 037 € + 15% sur 3 823 € + 20% sur 184 068 € = 403 + 403 + 573 + 36 813 = 38 192 € de droits de succession sur 300 000 € hérités.
Conjoint et partenaire pacsé : l’exonération totale depuis 2007
Depuis la loi TEPA du 21 août 2007, le conjoint survivant et le partenaire pacsé sont totalement exonérés de droits de succession, sans limite de montant. C’est l’une des exonérations les plus importantes du droit fiscal français. Concrètement, si votre patrimoine est transmis en totalité à votre conjoint ou partenaire pacsé, aucun droit n’est dû.
En revanche, le concubin (union libre) ne bénéficie d’aucun abattement spécifique : il est soumis au taux de 60% après un abattement de seulement 1 594 €. Pour les couples en union libre, le PACS ou le mariage est fortement recommandé d’un point de vue successoral, en complément d’un testament.
Donation et succession : comment les abattements s’articulent
Les abattements en matière de donation sont les mêmes qu’en matière de succession — 100 000 € par enfant par parent. Mais ils se reconstituent tous les 15 ans. Ce mécanisme ouvre une stratégie puissante de transmission anticipée :
En donnant 100 000 € à votre enfant aujourd’hui, puis à nouveau 100 000 € dans 15 ans, vous transmettez 200 000 € totalement exonérés de droits, auxquels s’ajoutera l’abattement de 100 000 € disponible au moment du décès si le délai de 15 ans est respecté. Pour un patrimoine de 300 000 €, cette stratégie peut réduire les droits à zéro.
S’ajoutent à cela les dons familiaux de sommes d’argent (article 790 G du CGI) : 31 865 € supplémentaires peuvent être donnés en exonération à chaque enfant, petit-enfant ou arrière-petit-enfant majeur, sous forme de virements, chèques ou espèces — renouvelables tous les 15 ans et cumulables avec les 100 000 € d’abattement.
Stratégies concrètes pour optimiser la transmission
La donation progressive. Commencer tôt à donner à ses enfants, en restant sous les plafonds d’abattement, permet de transmettre progressivement sans aucun droit. Chaque donation notariée (obligatoire au-delà de certains montants) repart le compteur de 15 ans.
L’assurance vie. Les capitaux d’assurance vie transmis aux bénéficiaires désignés bénéficient d’un régime fiscal distinct — en plus des rendements des fonds euros qu’elle génère : abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Ce régime est totalement indépendant des abattements successoraux. Pour un couple avec deux enfants, l’assurance vie peut permettre de transmettre jusqu’à 305 000 € supplémentaires par parent sans droits.
La SCI familiale. La démembrement de parts de SCI (donner la nue-propriété aux enfants en conservant l’usufruit) permet de valoriser les parts à un montant réduit fiscalement et de transmettre la pleine propriété automatiquement au décès de l’usufruitier, sans droit supplémentaire.
Questions fréquentes sur la succession 2026
Les abattements de 100 000 € sont-ils par enfant ou pour tous les enfants ?
Chaque enfant bénéficie individuellement d’un abattement de 100 000 € sur la part qu’il reçoit de chaque parent. Ainsi, pour deux enfants héritant de deux parents, chaque enfant peut recevoir jusqu’à 200 000 € en franchise de droits (100 000 € de la mère + 100 000 € du père). Pour une famille avec deux enfants, le patrimoine transmissible sans droits en succession peut atteindre 400 000 € — sans compter les donations antérieures et l’assurance vie.
La résidence principale bénéficie-t-elle d’un abattement supplémentaire ?
Oui. Depuis 2004, la résidence principale du défunt bénéficie d’un abattement de 20% sur sa valeur vénale pour le calcul des droits de succession, sous condition que le conjoint survivant, le partenaire pacsé ou certains enfants y résident à la date du décès. Cet abattement de 20% s’ajoute à l’abattement personnel de 100 000 €.
Faut-il un notaire pour une succession ?
Le recours au notaire est obligatoire dès lors que la succession comprend un bien immobilier, porte sur plus de 5 000 €, ou implique un testament ou des donations antérieures à rapporter. Dans la pratique, la quasi-totalité des successions impliquent un notaire. Les frais de notaire pour une succession sont réglementés et représentent en général entre 1 % et 3 % du montant de la succession.
