📅 Mis à jour le 13 juin 2026 · 8 min de lecture
En bref : abattement de 100 000 € par enfant, succession entre époux totalement exonérée. L’assurance vie ajoute 152 500 € supplémentaires par bénéficiaire hors succession.
La transmission de patrimoine est l’une des préoccupations majeures des Français : comment transmettre à ses enfants et proches en limitant l’impact des droits de succession ? La réponse passe par une bonne connaissance des abattements fiscaux en vigueur en 2026 et des outils légaux disponibles — assurance vie, donations, démembrement. Ce guide vous donne tous les chiffres à connaître et les stratégies les plus efficaces.
Tableau complet des abattements sur les successions en 2026
| Lien de parenté avec le défunt | Abattement 2026 | Régime spécifique |
|---|---|---|
| Époux / Partenaire PACS | Exonération totale | Aucun droit de succession |
| Enfant (en ligne directe) | 100 000 € | Par enfant, renouvelable tous les 15 ans |
| Petit-enfant | 1 594 € | Sauf représentation d’un enfant prédécédé |
| Arrière-petit-enfant | 1 594 € | — |
| Frère / Sœur | 15 932 € | Exonération totale sous conditions (personnes seules vivant chez le défunt) |
| Neveu / Nièce | 7 967 € | — |
| Personne handicapée | 159 325 € | En plus de l’abattement en ligne directe |
| Autres (non-parents) | 1 594 € | Taux d’imposition de 55 % ou 60 % |
Le barème des droits de succession en ligne directe
Au-delà de l’abattement de 100 000 €, les droits de succession s’appliquent selon un barème progressif :
| Fraction taxable (après abattement) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Les 4 stratégies pour réduire les droits de succession en 2026
1. Donner de son vivant (donation)
Chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants tous les 15 ans en franchise de droits. Un couple avec 2 enfants peut ainsi transmettre jusqu’à 400 000 € sans droits sur 15 ans (2 parents × 2 enfants × 100 000 €). La donation doit être enregistrée chez un notaire (donation de biens immobiliers) ou déclarée aux impôts (donation de sommes d’argent).
En plus de l’abattement de 100 000 €, un don manuel exceptionnel en argent de 31 865 € par enfant (ou petit-enfant ou arrière-petit-enfant majeur) peut être effectué tous les 15 ans, en franchise de droits. Contrairement à la donation classique, ce don ne nécessite pas d’acte notarié — une déclaration en ligne sur impots.gouv.fr suffit.
2. L’assurance vie : 152 500 € hors succession par bénéficiaire
Les capitaux transmis via une assurance vie sont hors succession jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire, pour les versements effectués avant 70 ans. Au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique (31,25 % au-dessus de 700 000 €). Un couple peut donc désigner chacun de leurs enfants comme bénéficiaire de plusieurs contrats d’assurance vie, transmettant jusqu’à 305 000 € (2 parents × 152 500 €) par enfant en totale franchise. Notre article sur les fonds euros de l’assurance vie détaille le fonctionnement de ces contrats.
3. Le Plan Épargne Retraite (PER)
Les sommes versées sur un PER sont totalement exonérées de droits de succession si le souscripteur décède avant 70 ans. La totalité du capital est transmise aux bénéficiaires désignés hors droit commun. C’est un outil de transmission particulièrement efficace pour les patrimoines importants.
4. Le démembrement de propriété
La donation de la nue-propriété d’un bien immobilier à ses enfants, en conservant l’usufruit, permet de transmettre la valeur future du bien à moindre coût. La valeur fiscale de la nue-propriété dépend de l’âge de l’usufruitier au moment de la donation — plus le donateur est jeune, plus la transmission est avantageuse. À 60 ans, la nue-propriété vaut 50 % de la valeur du bien.
Questions fréquentes sur la succession 2026
L’abattement de 100 000 € s’applique-t-il à chaque enfant ou à l’ensemble ?
L’abattement de 100 000 € est individuel : il s’applique à chaque enfant séparément. Si vous avez 3 enfants, chacun bénéficie de 100 000 € d’abattement sur sa part d’héritage. Le patrimoine total transmis sans droits peut donc atteindre 300 000 €.
Une donation de 60 000 € il y a 8 ans réduit-elle l’abattement sur la succession ?
Oui. Toute donation effectuée dans les 15 ans précédant le décès est « rapportée » fiscalement à la succession. Si vous avez donné 60 000 € il y a 8 ans, il reste 40 000 € d’abattement disponible sur la succession. Si la donation remonte à plus de 15 ans, l’abattement est entièrement rechargé.
Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour une succession ?
Le recours au notaire est obligatoire si la succession comprend un bien immobilier, si l’actif brut successoral dépasse 5 000 €, ou si les héritiers souhaitent établir une déclaration de succession. Pour les successions très simples (actif inférieur à 5 000 €, pas d’immeuble), les héritiers peuvent régler entre eux sans notaire.
Les dettes du défunt sont-elles déductibles de la succession ?
Oui. Les dettes existant au jour du décès (emprunts en cours, impôts dus, factures impayées) sont déductibles de l’actif successoral. L’assiette des droits de succession est donc l’actif net : actif brut – dettes déductibles – abattements.
