Le marché immobilier français envoie des signaux contradictoires en ce début juin 2026. D’un côté, les transactions repartent à la hausse et les taux se stabilisent autour de 3,35 % sur 20 ans. De l’autre, BPCE L’Observatoire prévient : sous l’effet du choc géopolitique et de la remontée attendue des taux, les ventes pourraient reculer de 5 % sur l’année. Faut-il acheter maintenant ou attendre ? Le point complet sur la situation.
La reprise de 2025 se poursuit, avec des nuances
Les données sont claires sur le rebond. Selon le 42e Observatoire Meilleurtaux, le nombre de transactions de logements anciens cumulé sur 12 mois atteint 956 000 unités en avril 2026, contre 832 000 au creux de 2024 — soit une hausse de près de 15 %. Les Notaires de France, dans leur note de conjoncture d’avril 2026, confirment que les volumes repartent à la hausse et que les prix cessent de décrocher dans de nombreuses régions.
Cette reprise s’explique par une conjonction de facteurs favorables : la détente des taux de crédit intervenue en 2024-2025, l’assouplissement progressif des critères d’octroi par les banques, et le maintien des dispositifs d’aide à l’accession. Le Prêt à Taux Zéro (PTZ), prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 et étendu à l’ensemble du territoire pour les logements neufs, joue un rôle moteur : les primo-accédants représentent plus de la moitié de la production de crédits à l’habitat selon la Banque de France.
Taux de crédit en juin 2026 : où en est-on ?
Le taux moyen sur 20 ans s’affiche à 3,35 % en avril 2026, légèrement au-dessus du point bas de 3,20 % atteint fin 2025, mais très loin du pic de 4,45 % de fin 2023. La dispersion reste importante : selon les banques et les profils, les taux pratiqués varient entre 3,00 % et 4,20 % sur 20 ans. La concurrence inter-bancaire continue de jouer en faveur des emprunteurs bien préparés.
Depuis fin 2025, une légère tendance haussière se dessine : 52 % des barèmes bancaires sont en augmentation selon Meilleurtaux. La cause directe est la remontée des taux obligataires — l’OAT 10 ans français est passé de 3,47 % à 3,78 % depuis les tensions géopolitiques du printemps — que les banques ont jusqu’ici largement absorbée pour rester compétitives.
Le risque de retournement selon BPCE
La note de BPCE L’Observatoire, publiée fin mai 2026, tempère l’optimisme. Sous l’effet du choc géopolitique au Moyen-Orient et de la remontée attendue des taux, les économistes de BPCE prévoient que le taux moyen passerait de 3,22 % en mars à 3,43 % au quatrième trimestre 2026. En conséquence, les transactions dans l’immobilier ancien reculeraient de 6 % sur l’année (890 000 transactions) après la progression de 13 % observée en 2025.
Ce scénario repose sur l’hypothèse d’un maintien des pressions inflationnistes et d’une remontée des taux directeurs BCE en juin. Si les négociations diplomatiques USA/Iran aboutissent à une détente durable — et que le Brent reste autour de 90 dollars — ce scénario adverse pourrait ne pas se matérialiser.
Faut-il acheter maintenant ou attendre ?
La fenêtre actuelle présente plusieurs caractéristiques favorables aux acquéreurs. Les taux, à 3,35 % sur 20 ans, restent nettement inférieurs au pic de 2023. Les prix sont stables, voire encore légèrement orientés à la baisse dans certaines villes ou pour les biens peu performants énergétiquement. La concurrence entre banques reste vive. Et les dispositifs d’aide — PTZ, donation familiale exonérée jusqu’en décembre 2026 — sont encore disponibles.
À l’inverse, attendre présente des risques : une remontée des taux vers 3,43-3,50 % réduirait mécaniquement la capacité d’emprunt, et un éventuel regain d’activité en automne pourrait faire remonter les prix sur les marchés où la demande est forte. La règle reste la même : un projet immobilier solide — apport suffisant, situation professionnelle stable, emplacement cohérent — se concrétise quand les conditions sont réunies, pas en fonction des cycles de taux.
Questions fréquentes
Le PTZ est-il encore disponible en juin 2026 ?
Oui. Le Prêt à Taux Zéro a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 par la loi de finances pour 2025. Il a également été étendu à l’ensemble du territoire pour les logements neufs. Pour les logements anciens, des conditions de travaux et de zone géographique s’appliquent. Consultez votre banque ou service-public.fr pour vérifier votre éligibilité.
Les prix immobiliers vont-ils baisser en 2026 ?
Les Notaires de France et la plupart des observatoires s’accordent sur une stabilisation des prix en 2026, avec des disparités selon les marchés. Les biens bien classés au DPE (A ou B) continuent de se valoriser. Les passoires thermiques (F et G) subissent une décote croissante, accentuée par l’interdiction de les louer progressivement mise en place. Dans les grandes métropoles, les prix résistent mieux que dans les villes secondaires où le retournement du cycle précédent avait été plus marqué.
