Depuis le 1er août 2026, le Livret A ne rapporte plus que 1,70 %. À la faveur de la rentrée, nombre d’épargnants rouvrent le dossier de leur assurance-vie et s’interrogent : comment en retirer de l’argent, et surtout que prélèvera le fisc au passage ? Le rachat, qu’il soit partiel ou total, obéit à des règles précises qu’il vaut mieux maîtriser avant de valider l’opération. Tour d’horizon, à jour de la fiscalité 2026.
Rachat d’assurance-vie : de quoi parle-t-on ?
Dans le vocabulaire des assureurs, un « rachat » désigne tout simplement un retrait. Il peut être partiel — vous récupérez une fraction de votre épargne et le contrat continue de vivre — ou total, auquel cas le contrat est clôturé. Beaucoup d’assurés croient encore que les fonds sont bloqués pendant huit ans : c’est faux. L’argent reste disponible à tout moment ; les huit ans ne conditionnent qu’un traitement fiscal plus favorable, pas la liquidité.
Point essentiel, souvent mal compris : lors d’un retrait, vous ne récupérez pas uniquement des gains. Chaque rachat mêle une part de capital — les sommes que vous avez versées — et une part d’intérêts. Seule cette seconde composante est imposable ; le capital, lui, a déjà supporté l’impôt en amont. C’est ce qui rend l’assurance-vie nettement moins taxée qu’il n’y paraît.
La fiscalité d’un rachat en 2026 : tout se joue autour des 8 ans
Pour les versements réalisés depuis le 27 septembre 2017, deux régimes coexistent selon l’ancienneté du contrat. Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur la seule part de gains comprise dans le rachat.
| Ancienneté du contrat | Imposition des gains* | Prélèvements sociaux | Abattement annuel |
|---|---|---|---|
| Moins de 8 ans | PFU 12,8 % (ou barème de l’IR sur option) | 17,2 % | — |
| 8 ans et plus | PFU 7,5 % (ou barème de l’IR sur option) | 17,2 % | 4 600 € (seul) / 9 200 € (couple) |
* Le taux réduit de 7,5 % vaut jusqu’à 150 000 € de primes nettes versées ; la fraction au-delà est taxée à 12,8 %. Les versements antérieurs au 27 septembre 2017 relèvent d’un régime distinct, souvent plus avantageux après huit ans.
L’abattement après 8 ans, un levier à ne pas gâcher
Passé le cap des huit ans, chaque foyer bénéficie d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Concrètement, tant que la part de gains contenue dans vos rachats annuels reste sous ce seuil, elle échappe à l’impôt sur le revenu — seuls les 17,2 % de prélèvements sociaux demeurent dus. D’où l’intérêt, lorsque c’est possible, de fractionner ses retraits sur plusieurs années civiles plutôt que de tout sortir d’un coup.
Avant de retirer : les pièges à éviter
Un rachat mal préparé peut coûter cher, en impôt comme en avantages perdus. Quatre réflexes s’imposent.
- Ne pas clôturer inutilement. Un rachat total ferme le contrat et efface son antériorité fiscale. Pour préserver la date d’ouverture — donc le compteur des huit ans — mieux vaut privilégier un rachat partiel en laissant vivre le contrat, quitte à n’y conserver qu’un solde symbolique.
- Envisager l’arbitrage plutôt que la sortie. Si l’objectif est de sécuriser ou, au contraire, de dynamiser son épargne, réorienter ses capitaux entre fonds en euros et unités de compte évite de sortir l’argent et de déclencher l’impôt. Un choix à calibrer selon son profil et son horizon, pas dans la précipitation.
- Exploiter l’abattement annuel. Après huit ans, étaler ses retraits d’une année sur l’autre permet de rester sous les 4 600 / 9 200 € de gains exonérés d’impôt sur le revenu.
- Penser à la transmission. L’assurance-vie offre un abattement successoral de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Vider son contrat, c’est renoncer en partie à cet atout. Notre calculateur succession-donation aide à mesurer l’enjeu avant de trancher.
Livret A à 1,70 %, faut-il pour autant vider son assurance-vie ?
La baisse du Livret A au 1er août 2026 — le LEP, lui, se maintient à 2,5 % — ravive la tentation d’arbitrer. Mais comparer un livret réglementé à une assurance-vie n’a rien d’automatique. Le rendement d’un fonds en euros varie sensiblement d’un contrat à l’autre et n’est jamais garanti pour l’avenir : les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs, et tout chiffre avancé pour 2026 relève du scénario, non de la promesse.
La bonne grille de lecture combine plusieurs critères : l’horizon de placement, la fiscalité allégée au-delà de huit ans, la disponibilité de l’épargne, les frais du contrat et le degré de risque accepté sur les unités de compte. Pour situer le rendement net de vos placements les uns par rapport aux autres, un simulateur de Livret A constitue un premier repère utile avant toute décision.
Questions fréquentes
Peut-on retirer de l’argent d’une assurance-vie avant 8 ans ?
Oui. Les fonds ne sont jamais bloqués : un rachat est possible à tout moment. Avant huit ans, la part de gains retirée est soumise, pour les versements postérieurs au 27 septembre 2017, au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % (ou au barème de l’impôt sur le revenu sur option), auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux.
Quel est l’abattement fiscal après 8 ans ?
Après huit ans, les gains rachetés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Seule la fraction des gains qui dépasse cet abattement est imposée à l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
Un rachat total fait-il perdre l’antériorité fiscale ?
Oui. En procédant à un rachat total, vous clôturez le contrat et perdez sa date d’ouverture, donc l’ancienneté acquise. Pour conserver le bénéfice des huit ans, il est généralement préférable d’effectuer un rachat partiel en laissant le contrat ouvert, même avec un capital réduit.